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AU BORD DE LA SEINE...

Par Julie Bernard, mercredi 6 août 2014, Western

Construire, oui, mais sous le sol s'il vous plait !
Être âgé de plus de 70 ans, habiter dans une caravane et ne pas avoir l'eau courante, c'est encore possible en France !

Il y a un mois, nous avions déjà pris cette route et rencontré un plaisancier à la retraite. Les mains dans le cambouis ce jour-là, nous revenons un peu sur nos pas et rencontrons un autre habitant de la rue. Monsieur R. profite du soleil à l'ombre de son parasol. Devant lui de nombreuses fleurs. Derrière, une cabane en bois abrite une caravane. Sur sa droite, derrière une petite haie, son jardin potager.
« J'habitais dans un appartement sur les hauteurs... Et puis un jour, il y a 11 ans, j'ai reçu en héritage d'un ami une maison, qui allait avec ce terrain ! Pour payer les droits de succession, j'ai vendu la maison et me suis installé sur le terrain. J'y ai posé une caravane. Je n'aurais jamais, un jour, imaginé vivre ainsi. Je m'imaginais, plus jeune, acheter un camping-car et partir, mais vivre dans une caravane, dans ces conditions, jamais ! Mais ma retraite étant ridicule, il me fallait bien un complément de salaire. Du coup, j'ai fait ce jardin et je vends mes quelques légumes et mes quelques poulets à des copains ! Mais je crois que c'est la dernière année que je fais ce jardin, parce que c'est quand même un peu dur !
Des terrains comme le mien, il y en a régulièrement à vendre. De ce côté-ci, il y a des Russes qui ont acheté. Lui est professeur de math et de musique dans un lycée à Évreux. De temps en temps, des Parisiens viennent pour me demander si mon terrain n'est pas à vendre ! Même si on m'en propose 70 000 euros, j'irai où après ? À l'époque, c'est moi qui avais montré le terrain à René quand il a voulu acheter un point d'accroche pour son bateau. Son terrain est bien mieux que le mien, parce qu'il a de l'eau et de l'électricité, mais il était déjà trop cher pour moi ! »
Au fond du jardin, nous décelons des cuves de récupération d'eau de pluie, utilisée certainement pour son jardin. Nous sommes à quelques mètres seulement d'une route nationale et de la Seine et René nous explique qu'il n'a ni eau, ni électricité et que ses demandes à la mairie sont restées veines. « Je n'ai pas le droit d'avoir un accès à l'eau et à l'électricité et des gens viennent piétiner et arracher mon jardin ! C'est parfois un peu dur ! »

tag : autoconstruction caravane habitat leger et mobile le long de la Seine rencontre terrain familial

Réalisation : Échelle inconnue

MAKHNOVTCHINA
MAKHNOVTCHINA
Makhnovtchina est un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l'heure des grands projets de métropolisation. C'est un atelier itinérant de production participative d'images (fixes, vidéos, ou multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architecte, géographe, créateur informatique, sociologue et économiste vise à terme la proposition d'architecture ou d'équipements mobiles et légers. Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée du terrain d'accueil pour « gens du voyage » au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003), participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'installation vidéo avec les Rroms expulsés du bidonville de la Soie à Villeurbanne (2009) et encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux et celles qui les vivent.