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AU BORD DE LA SEINE...

Par Julie Bernard, jeudi 18 septembre 2014, Western

Vivre dans un camion pour travailler !

Au camping des Groux, nous rencontrons Anthony, venu chercher une douche. Il vit dans son camion, au pied des chantiers qui l'emploient.
« Je dois me déplacer pour trouver du travail. Je suis cordiste, je travaille en hauteur, plus particulièrement dans la maçonnerie, mais je peux aussi nettoyer des cuves ou des silos. Mais ça, je n'aime pas trop, parce que quand tu es dedans, tu n'as même pas encore commencé à travailler, que tu sues déjà toute ton eau. Il fait une chaleur à l'intérieur !
Pour pouvoir travailler, j'habite dans mon camion. Mon adresse est chez ma mère et ça va surement rester encore longtemps comme ça ! Le soucis c'est que ce camion est trop petit. Je dois me dépêcher de terminer l'isolation et d'autre travaux pour le revendre et en acheter un plus grand. »
« Sur le toit de mon camion, il y a aussi des panneaux photovoltaïques. Avec des panneaux à 140 W et 90 A, ça suffit pour vivre. Le camion ma couté 5500 euros, et j'ai fais environ 1500 euros de travaux pour l'instant. Plus tard aussi j'aurais un camion, mais un poid-lourd. Comme ça, je pourrais faire un studio dedans.
Je suis inscris dans une dizaine de boite d’Intérim en France. Ils m’appellent je me déplace. Un jour, je suis à Toulouse, le sur-lendemain, je peux être en Haute-Normandie. En ce moment je suis à Vernon, je nettoie des vitres de plusieurs immeubles. Je dors dans mon camion garé pas très loin, mais comme je n'ai pas de douche, je suis tout les jours à la recherche d'un endroit pour me doucher. La directrice du camping a accepté que je vienne ici.
Le problème avec les boites d’Intérim, c'est qu'elles se débrouillent de plus en plus pour ne pas payer les calendaires, c'est-à-dire les indemnités pour rentrer chez soi tout les quinze jours. Maintenant, elles embauchent à la semaine, et c'est une perte pour nous de plusieurs centaines d'euros. »
Dans quelques mois, il souhaite rejoindre Toulouse pour aller sur le campus « univers cascade » et suivre une formation de doublure... « C'est important pour moi l’adrénaline. C'est ce qui me donne de la confiance en moi, parce que j'en manque »

tag : camion camping habitat leger et mobile le long de la Seine retaper rencontre

Réalisation : Échelle inconnue

MAKHNOVTCHINA
MAKHNOVTCHINA
Makhnovtchina est un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l'heure des grands projets de métropolisation. C'est un atelier itinérant de production participative d'images (fixes, vidéos, ou multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architecte, géographe, créateur informatique, sociologue et économiste vise à terme la proposition d'architecture ou d'équipements mobiles et légers. Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée du terrain d'accueil pour « gens du voyage » au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003), participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'installation vidéo avec les Rroms expulsés du bidonville de la Soie à Villeurbanne (2009) et encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux et celles qui les vivent.