Abonnez-vous à la lettre
de l'échelle inconnue

Prenez-contact avec nous

Champ vide.

menu
JEANNINE ET MICHEL

Par alexandre Desliens, jeudi 28 avril 2016 , Western

En maraude, au sud de l'intercom du pays brionnais, s’efforçant de suivre la Risle, nous tombons sur une rue en c coupée par la voie de chemin de fer. Juste avant cette rue il y a un pont qui surplombe la rivière et un antiquaire. Sur notre droite une maison avec dans son jardin des caravanes défoncées, une casse artisanale. Tout autour, des maisons et plus loin un chalet sans fondation. Celui-ci fait environ 30 mètres carré au sol, il au centre du terrain entouré d’herbe et à sa gauche se trouve un garage. Au loin, sur la droite on aperçoit cet immense pont avec l’A 28 qui le traverse.
Ce chalet appartient à Jeannine et Michel, c’est un couple de retraités qui a acheté ce mobil home il y a une vingtaine d’années. Il appartenait à un de leur ami. Un jour alors qu’ils mangent chez lui, il leur dit qu’il veut le vendre, alors ils l’ont acheté ! À l’époque, le mobil-home était minuscule, de la taille de la cuisine. Michel l’a agrandi avec sa fille. Il y a maintenant en plus de la cuisine, une chambre, un salon et une salle de bain. Ils ont refait tous les murs extérieurs du mobil-home, constitués de planches qu’ils ont récupérées d’un ami menuisier, "c’est pour ça que la maison ressemble à un chalet !". Le sol quant à lui est fait de palettes.
Ce n’est pas leur maison principale, ils habitent à Gargenville, dans les Yvelines, mais ils viennent ici dès qu’il fait beau. Ils aiment prendre soin du jardin. « En plus c’est très calme, on entend ni le pont ni la voie ferrée, les trains sont silencieux de nos jours. ». Ils nous raconteront aussi qu’ils ont vu le pont se construire et que c’était très impressionnant, qu’ils s’entendent très bien avec leur voisin, une maison plus loin, qui vit là depuis qu’ils sont ici.
Michel et Jeannine n’ont jamais vécu en caravane mais ont toujours voyagé de manière nomade, le plus souvent en camping. Salariés dans une usine Renault, ils travaillaient le plus possible et dès qu’ils avaient quelques jours de vacances ou un grand week-end ils partaient sur la route. Quand ils ne viennent pas dans le mobil-home, ce sont leurs enfants ou petits enfants qui viennent sur le terrain "ils ont déjà été une quinzaine là-dedans !". Michel et Jeannine n’utilisent plus la caravane rangée dans le garage, mais leur enfants eux l’utilisent à leur tour.

tag : autoconstruction bois de palettes Brionne camping work in progress caravane habitat informel mobile home rencontre retraites

Réalisation : Échelle inconnue

MAKHNOVTCHINA
MAKHNOVTCHINA
Makhnovtchina est un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l'heure des grands projets de métropolisation. C'est un atelier itinérant de production participative d'images (fixes, vidéos, ou multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architecte, géographe, créateur informatique, sociologue et économiste vise à terme la proposition d'architecture ou d'équipements mobiles et légers. Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée du terrain d'accueil pour « gens du voyage » au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003), participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'installation vidéo avec les Rroms expulsés du bidonville de la Soie à Villeurbanne (2009) et encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux et celles qui les vivent.