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AXE SEINE

Par Misia Forlen, lundi 25 juillet 2016, Western

... proximité de Vernon « On veut boire de l'eau au robinet ! »

Il n'y a toujours pas d'eau au camping de Limetz, « mais on a racheté une plus grande cuve ! », nous annonce Lucille à notre arrivée. Elle raconte aussi qu'il y a quelques mois, un homme est venu les voir – soit disant - de la part de la propriétaire pour leur demander de payer de nouveau un loyer. Le loyer est alors fixé à la tête du client, de 200 à 300 euros par emplacement. En échange, il devait faire quelques travaux d'aménagements sur le camping et remettre l'eau. Au bout de deux mois, ne voyant aucune modification, Lucille se rend à la gendarmerie avec sa quittance de loyer : « Le papier était bidon ! C'est dur quand même 400 euros pour rien... ».
Une dizaine de personnes discutent au fond du terrain, autour d'un trampoline où jouent les enfants. Nous donnons à Lucille et Kevin des clefs usb contenant les films réalisés avec eux au camping (liens vers films : Lucille et Kevin). Ils sont ravis, « waoo 8 gigas ! » ; Bouboule s'empresse de tirer une rallonge, pose un ordinateur sur une chaise et tous s'assoient au milieu des chiens pour regarder les films. « Tu les as plus les poules !
- La chienne non plus ! Elle s'est sauvée...
- Elle a grandi la petite !
- Ça, c'est le J5 que Filou était en train d'isoler au milieu de la cour ! Il est là-bas maintenant !
- Il n'y avait plus l'eau déjà... Ça date de quand ?
- Mars 2015 il est écrit... »
Ils veulent rétablir l'eau au plus vite. « On veut boire de l'eau au robinet ! Avoir des compteurs et payer chacun nos consommations ! ». Ils sont à nouveau intéressés pour organiser une rencontre au camping avec un avocat qui pourrait les aider dans leurs démarches. « Ça serait bien, au fait, le truc de l'avocat ! ». D'après certains, la propriétaire veut revenir, réinstaller l'eau et faire des travaux. Dans ce cas là, ils s'installeraient sur la partie basse du terrain, en zone inondable. « Ça risque de traîner... Elle doit 20000 euros à Véolia ! ».
Charlène, une amie, raconte que ses parents vivent sur un terrain municipal en région parisienne, qui n'appartient « à personne », avec l'eau et l'électricité. « Mais ils payent pas là-bas ! Ils reçoivent des factures mais ça indique 0 ! ».
Il y a aussi Christophe, un voyageur, qui est passé sur le terrain ce jour-là. Il habite près du camping de Limetz, « chez lui », et a des cousins qui vivent sur l'aire d'accueil de Rouen/Petit Quevilly. Nous lui tendons un journal ; il y reconnaît Jean-Charles et Marie Christine. « Ils sont vers Pacy ! Je passe souvent devant leur camion ! ». Il est intéressé par le projet et pour venir aux rencontres d'Halem avec Kevin début septembre. « On peut venir poser notre caravane ? ».
Kevin nous conseille à nouveau d'aller rencontrer une personne vivant dans un camion près du camping. « Un J9 tout repeint ! Au bout d'un chemin, le long d'un champs... Allez le voir ! Je t'avais déjà dit ! Je vais te refaire un dessin...
- Lui déchire pas sa feuille !
- Si ! Comme ça ça fait un plan mobile ! C'est plus transportable ! »

tag : camping caravane habitat leger et mobile mobile home rencontre work in progress

Réalisation : Échelle inconnue

MAKHNOVTCHINA
MAKHNOVTCHINA
Makhnovtchina est un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l'heure des grands projets de métropolisation. C'est un atelier itinérant de production participative d'images (fixes, vidéos, ou multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architecte, géographe, créateur informatique, sociologue et économiste vise à terme la proposition d'architecture ou d'équipements mobiles et légers. Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée du terrain d'accueil pour « gens du voyage » au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003), participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'installation vidéo avec les Rroms expulsés du bidonville de la Soie à Villeurbanne (2009) et encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux et celles qui les vivent.