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FLAMANVILLE BRÛLE-T-IL?

Par alexandre Desliens, vendredi 4 mai 2018, Western

Prologue

Le territoire rural a changé de nature, c'est désormais un territoire urbanisé. La modification majeure dans le paysage du Cotentin aux alentours de Flamanville est produite par le chantier infrastructurel (EPR).

Selon EDF, 5000 ouvriers travaillent sur le chantier de l'EPR et 1700 ouvriers seront appelés en 2018 dans le cadre du grand carénage (visite technique décennale de la centrale en fonctionnement). Alors que les formes mobiles de l'habitat et plus largement de la ville sont réputées incompatibles avec la ville planifiée, elles sont cependant nécessaires voire souhaitées lors de travaux infrastructurels pour loger la main d’œuvre au plus près du chantier.

Pourtant, cette urbanité temporaire déroge aux règles d'urbanismes et au droit commun du logement. Il s'agit d'enclaves économiques spéciales ou dérégulées, accueillant travailleurs français comme travailleurs détachés ; ou pourtant, des sociabilités, détournements et modes de vie subsistent et résistent grâce à ses habitants.

Fabriquer la fable

Le projet prend la forme d'une écriture hybride entre documentaire de création, fiction et objets vidéos (animation, textes, cartes...). Hybride, car il ne s'agit pas là de créer un compte-rendu documentaire de la vie dans ces cités provisoires, mais bien une fable capable de rendre compte, de rejouer, et peut-être de dépasser le réel.

Un projet commun

Il s'agit de construire un projet commun : un avec les habitants de cette urbanité particulière en prenant comme point de départ l'entretien et la prise de vue. Le film s'inscrit dans un processus long de work in progress où le temps se partage en périodes de résidence à Flamanville et périodes de restitutions à Rouen. Au cours des résidences avec le camion cinéma appelé MKN-VAN, les habitants de ces bases-campings et parcs résidentiels de loisirs sont invités à participer au projet afin de le construire. Le MKN-VAN sert d'accroche pour capter l'attention mais c'est surtout l'outil rencontre, de diffusion et d'échanges avec les participants (acteurs et réalisateurs du projet). Ces discussions collectives permettent d'élaborer au fur et à mesure la trame et le scénario du film final.

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Réalisation : Échelle inconnue

MAKHNOVTCHINA
MAKHNOVTCHINA
Makhnovtchina est un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l'heure des grands projets de métropolisation. C'est un atelier itinérant de production participative d'images (fixes, vidéos, ou multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architecte, géographe, créateur informatique, sociologue et économiste vise à terme la proposition d'architecture ou d'équipements mobiles et légers. Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée du terrain d'accueil pour « gens du voyage » au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003), participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'installation vidéo avec les Rroms expulsés du bidonville de la Soie à Villeurbanne (2009) et encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux et celles qui les vivent.