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MOSCOU. LA GUERRE AU KIOSQUE

Par Stany Cambot, jeudi 4 septembre 2014 ,Eastern

Ça a beau être stupide, il en sortira bien quelque chose. Alors tu continues et photographies tout ce que la ville compte de léger et mobile, enfermé que tu es dans ta langue d'étranger.
Un kiosque de livre, pour ainsi dire une armoire métallique vissée sur le trottoir, tu vises. Tu mets au point. Déclenches une fois, deux fois... S'en est déjà trop pour elle qui s'approche visiblement stressée. « Mais je suis en règle ! Dit-elle en montrant le badge épinglé sur sa poitrine. Ils m'ont déjà contrôlé. »
Contrôles ! Tel est l'autre nom de la campagne d'intranquillisation des « kiosquistes » lancée par la mairie. Normalisation du commerce de rue qui fut dans les années 90 l'outil autant que le fruit de la mutation économique.
C'est en 2010 que la mairie de Moscou entame cette chasse aux kiosques, incarnations de la troisième voie économique qui servie la transition mais qu'elle ne veut plus voir battre aujourd'hui le pavé.
Après la campagne de destruction massive d'il y a quelques années, chaque jour, un nouveau pas vers la « formalisation » est franchi. Au prétexte de la rénovation des passages souterrains, les kiosques « home made » qui y logeaient sont remplacés par une enfilade de vitrines derrières lesquelles les lots de deux mètres carrés sont en attente d'attribution. Les paires ou triplettes de toilettes chimiques publics gardées et entretenues par des femmes asiatiques font places aux automates Decaux. La dernière nouveauté municipale : un projet d'installation de nouveaux kiosques entièrement automatisés semblent vouloir marquer définitivement le passage du commerce à l'équipement public. Outre le lissage esthétique invoqué, c'est évidemment la disparition d'un certain type d'économie et de petits commerces (évoquant l'époque de transition et d'économie informelle) au profit de monopoles qui est visé.
Les solutions des Babouchka-britchka et de Oleg semblent, par leur plus grande légèreté encore, les seuls solutions possibles pour exercer.


tag : architecture forains kiosque mobiles Moscou ville mobile conomie informelle

Réalisation :
  • Réalisation : Échelle inconnue
MAKHNOVTCHINA
MAKHNOVTCHINA
Makhnovtchina est un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l'heure des grands projets de métropolisation. C'est un atelier itinérant de production participative d'images (fixes, vidéos, ou multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architecte, géographe, créateur informatique, sociologue et économiste vise à terme la proposition d'architecture ou d'équipements mobiles et légers. Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée du terrain d'accueil pour « gens du voyage » au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003), participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'installation vidéo avec les Rroms expulsés du bidonville de la Soie à Villeurbanne (2009) et encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux et celles qui les vivent.